Souviens-toi l’été dernier… Vers un nouveau conflit?

Faut-il s’attendre à un remake du conflit d’août dernier ? En tout cas, à quelques jours de l’anniversaire de cette guerre éclair, les différents acteurs semblent suivre un scénario identique. Depuis quelques jours, Géorgiens et Sud-Ossètes se livrent à une guerre des nerfs, s’accusant mutuellement d’attaques et de tirs sur leur territoire respectif.

Le président de la province séparatiste, Edouard Kokoïty, prétend que l’armée géorgienne aurait tiré à plusieurs reprises au mortier et à la grenade sur Tskhinvali, capitale de cet Etat autoproclamé. Une version reprise par les Russes. De son côté, Tbilissi évoque des attaques sur des villages géorgiens situés à la frontière avec l’Ossétie du Sud. « Il est impossible de vérifier ces allégations, explique Pamela Preusche, porte-parole de l’EUMM, la mission d’observation de l’Union européenne basée en Géorgie, jointe par téléphone. Dans la mesure où ces tirs ne provoquent aucun dommage, on ne peut pas savoir si ce qu’il s’est réellement passé. »

Inquiète de ce regain de tensions, l’EUMM a organisé, le 31 août, une réunion de crise, à Ergneti, en Géorgie. « Géorgiens et Sud-Ossètes se sont assis à la même table pour discuter de ces incidents, ce qui est déjà un point positif, assure Pamela Preusche. Nous les avons appelés à faire preuve de modération. » Reste à savoir si cela suffira à apaiser la situation. Car de leur côté, les Russes se chargent de mettre de l’huile sur le feu, à coups de communiqués menaçants : « Si ces provocations, qui constituent une menace pour la population de l’Ossétie du Sud et les militaires russes, se poursuivent, le ministère de la Défense se réserve le droit d’avoir recours à toutes les forces et à tous les moyens dont il dispose. »

On a donc une étrange sensation de déjà-vu. L’an dernier, des incidents similaires avaient précédé le conflit. Mêmes causes, mêmes effets? « Je ne pense pas qu’une nouvelle guerre puisse éclater. En tout cas, la présence des observateurs de l’Union européenne et le fait que son mandat vienne d’être prolongé est un signal fort pour préserver la stabilité dans cette région », nous a confié aujourd’hui Peter Semneby, représentant de l’Union européenne dans le Caucase du Sud, croisé dans le café qui nous sert de bureau. Ses propos se veulent rassurants, mais nous avons pu observer une certaine effervescence de son côté. Accompagné de deux conseillères politiques, Peter Semneby a passé son temps à passer des coups de fil, une carte sous les yeux. Le feuilleton ne fait donc sans doute que commencer. Suite au prochain épisode.

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Peter Semneby, représentant spécial de l'UE dans le Caucase-sud, après notre bref entretien.

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