Au check-point de Zemo Nikosi, colère et résignation

Pierre tombale au cimetierre de Zemo Nikosi aujourd'hui transformé en check-point

Pierre tombale au cimetière de Zemo Nikosi aujourd'hui transformé en check-point

Des sacs de sable empilés les uns sur les autres. Le check-point géorgien de Zemo Nikosi se dresse sur les hauteurs du village, au milieu du cimetière avec ses tombes encerclées de grilles. L’an dernier, les chars russes sont passés ici, renversant et détruisant des pierres tombales sur leur passage. Certaines plaques gisent encore parmi les herbes sèches. Aujourd’hui, plus personne ne vient se recueillir ici.

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La ville de Tskhinvali n'est qu'à 700 mètres.

 

Par les meurtrières aménagées dans les murs de sacs, on voit Tskhinvali, la « capitale » ossète, à peine à 700 mètres de distance. Un des soldats nous tend sa paire de jumelles. Tskhinvali se dessine nettement. Au premier plan, un long bâtiment crème au toit rouge. Juste derrière, deux tours de béton gris, noircies par le feu des combats, dominent la ville. Elles semblent désertes. « Remplies de snipers », précise un officier. « En face, les Russes et les Ossètes nous tirent dessus presque chaque nuit, explique-t-il un rien blasé. Il y a cinq jours, nous avons essuyé des tirs de roquettes. » Est-ce qu’ils répliquent ? « Non, nous n’avons pas le droit de tirer, assure-t-il. On se contente d’appeler nos supérieurs et de leur faire un rapport. » Voilà pour la version officielle. Tskhinvali affirme pourtant être la cible régulière d’attaques en provenance des check-points géorgiens. Impossible de démêler le vrai du faux. Deux propagandes s’affrontent, faisant monter la pression un peu plus chaque jour.

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Check-point d'Ergneti. Les drapeaux russe et ossète flottent à 100m de celui de Géorgie.

 

Assis tranquillement, les soldats ne semblent pas particulièrement en état d’alerte. Fatalisme sans doute. Pour la plupart, ils se trouvent là depuis août dernier, alors ils ont fini par s’habituer à la situation. Deux d’entre eux exhibent fièrement leurs nouvelles armes : des fusils d’assaut M4 américains qui remplacent progressivement les Kalachnikov. Parmi ces hommes, certains viennent d’Ossétie du Sud. Leurs voisins, leurs amis étaient ossètes. « Maintenant, ce sont nos ennemis. Exactement comme les Russes », lance froidement un militaire originaire de Tskhinvali, regard noir et casquette vissée sur le crâne. Son père a été tué par les miliciens ossètes, le 10 août dernier. Le soldat reprend son poste, le visage fermé.

No tanks thanks.

Panneau avec un char russe barré sur l'autoroute en rénovation entre Gori et Tbilissi que les Russes ont empruntée l'année dernière.

 

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