Back in the CCCP

Un dernier petit tour et puis s’en va. Cette nuit, retour à Paris. Et pour cette ultime journée en terre géorgienne, on a décidé de prendre un peu de hauteur, d’embrasser tout le Caucase Sud avant de le saluer.

Yerevan-Baku-Sokhumi

Conduits par notre ami Alex, nous avons pris la route de Roustavi, concentré d’absurdité soviétique, à quelques kilomètres au sud de Tbilissi. Cette ville-dortoir a des allures de Lego géant avec ses barres rectangulaires repeintes dans des couleurs vives. Enfin, celles au premier plan seulement. Derrière, les tours se fondent dans un même gris glauque et défraîchi. C’est la touche Potemkine.

Roustavi est en fait une immense avenue qui mène tout droit vers une zone industrielle désaffectée. Plus rien ou presque ne fonctionne. Les hangars sont déserts, seules quelques cheminées éparses crachent encore une fumée jaunâtre. Les maisons des ouvriers se sont vidées. Elles servent désormais d’étables ou de granges. Un site fantôme perdu au milieu de vastes étendues sans relief. Une aberration industrielle dont les dirigeants soviétiques avaient le secret. Car il n’y a quasiment pas la moindre matière première à Roustavi. Au départ, il s’agissait d’une région rurale. Il était donc impératif d’implanter des usines pour prolétariser tout ce petit monde paysan afin de lui insuffler l’esprit du communisme. Quitte à faire venir les matières premières du Kazakhstan, les transformer une première fois à Roustavi, réaliser les produits finis dans les Pays baltes pour enfin les revendre à Moscou. Non-sens économique total. Et désastre humain. Pour grossir la main d’œuvre, on a délogé des montagnards des régions alentour. Il subsiste même quelques tours svanes, symboles de la présence de ces peuples venus des hauteurs. Mal adaptés au climat et à la chaleur suffocante en été, nombre de ces travailleurs déracinés se sont littéralement tués à la tâche. Etrangement, aucune mention de cet épisode au Musée Staline de Gori…

rustavi-1

Aujourd’hui, la région se trouve sur la route du gazoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan). Elle tente donc de profiter du marché énergétique pour se refaire une santé. Des panneaux « Energy invest » balisent le paysage. Et l’Azerbaïdjan est tout proche, peut-être à deux ou trois kilomètres. D’ailleurs, les villages que nous traversons ressemblent peu aux villages géorgiens. Les façades des maisons sont très travaillées, recouvertes de fresques et de petits miroirs, les toits ouvragés et agrémentés de sculptures. Les hommes arborent la moustache ; les femmes ont, pour la plupart, la tête couverte d’un fichu. Et à la station-service dans laquelle on s’arrête, les employés ne parlent pas géorgien mais azéri.

Après une halte dans un resto pour avaler quelques khinkalis, nous repartons en direction de Kodjori, village autrefois prospère, notamment grâce au commerce de ses fleurs. La Lada Niva peine parfois un peu dans la montée, mais ça vaut la peine. Au sommet, les vestiges d’une place forte surplombent toute la vallée. D’un côté, les cimes enneigées du Mont Kazbek, de l’autre les montagnes arméniennes.

En une journée, nous aurons eu dans notre champ de vision la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie, les trois pays du Caucase du Sud. Et nous quittons la région avec une furieuse envie d’y revenir.

top-caucasus

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Une Réponse

  1. Merci les gars. Nous aussi on a envie d’y revenir. Et encore davantage grâce à vous deux.

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